Offre de stage : Evaluer l’impact d’une action de sensibilisation sur les changements de comportement : des attentes et un défi dans un monde en transition
Etude appliquée au champ de l’Education à la Nature, à l’Environnement et au Développement Durable
** Présentation de la structure d’accueil
L’association LorEEN est une association à but non lucratif (loi 1901) créée en mars 2018 par un ensemble d’acteurs issus du monde associatif et de collectivités publiques et territoriales. Reconnue par la Région Grand Est et la DREAL Grand Est comme l’interlocuteur officiel pour l’éducation à l’environnement en Lorraine, l’association LorEEN assure le lien entre toutes les structures et institutions du territoire autour de cette thématique. L’association LorEEN a ainsi pour objet, tel que défini dans ses statuts, la construction, la coordination et l’animation d’un réseau, autour d’un projet d’Education à la Nature, à l’Environnement et au Développement Durable (ENEDD) au niveau du territoire des départements de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle, de la Moselle et des Vosges (ex-Région Lorraine).
Cette association est compétente sur toute question liée à l’ENEDD sur son territoire d’action, sans pour autant se substituer à ses membres dans l’organisation des actions.
Les missions dévolues à l’association sont :
– Favoriser la concertation, le développement des synergies et la mutualisation au sein du réseau.
– Favoriser et soutenir les projets collaboratifs multi-acteurs.
– Représenter et défendre ses membres, et la vie associative et être force de proposition.
– Favoriser la concertation avec les acteurs territoriaux (collectivités territoriales, institutions, entreprises, autres réseaux de la région Grand Est, etc.).
– Accompagner les acteurs de l’ENEDD, y compris par la formation et l’aide au montage de projets.
– Promouvoir et valoriser le réseau.
– Assurer la concertation avec les têtes de réseau champardennaise et alsacienne.
– Favoriser et accompagner les changements de comportement et tenter d’en évaluer les impacts.
Les actions de l’association LorEEN en faveur de la sensibilisation des publics et de l’accompagnement des structures de son réseau sont soutenues par la Région Grand Est, la DREAL Grand Est et la DRDJSCS Grand Est.
** Contexte du stage
Au cours des Rencontres territoriales 2019 de l’EEDD en Lorraine, cinq chantiers ont été définis, dont le Chantier 5 nommé « Evaluer l’impact de nos pratiques ». Cet axe de travail, maintenant intégré à la CPO 2021-2023 de LorEEN, fait donc partie des projets à mener par l’association et son réseau. Pour travailler sur cette thématique, une commission de travail a été constituée par décision du Conseil d’Administration en date du 14 septembre 2020 et se compose de 8 personnes, professionnels de l’ENEDD. Une première rencontre, en novembre 2020, a alors permis de faire émerger plusieurs propositions afin de poursuivre le travail de réflexion. Les missions à réaliser au cours de ce stage découlent donc directement de ces propositions.
L’évaluation des changements de comportements des personnes ayant bénéficié d’actions de sensibilisation à l’Environnement, à la Nature et au Développement Durable est une véritable problématique pour laquelle un grand nombre de professionnels souhaiteraient répondre. Bien que très intéressante, répondre à cette question reste très complexe pour tous malgré un certain nombre d’années de réflexion. Par ailleurs, les partenaires financiers sont souvent demandeurs et incitent les structures d’ENEDD à mettre en œuvre des moyens pour évaluer l’impact des pratiques. Les financeurs eux-mêmes restent plutôt flous dans leurs attentes et les critères à mesurer, ceci n’aidant donc pas les structures du réseau.
Aujourd’hui, la démarche d’évaluation est devenue omniprésente dans notre quotidien. Cependant, bien qu’il soit possible d’évaluer une intervention, une animation ou encore une sortie tout de suite après sa réalisation, celle-ci ne permet pas d’évaluer l’impact, sur le long terme, que cette action aura sur un enfant, un élève ou une famille. Il ne s’agit pas d’évaluer la satisfaction des bénéficiaires mais bien d’évaluer ce qu’ils ont changé, modifié ou adapté dans leurs actions ou gestes du quotidien suite à cette sensibilisation.
Bien que l’étape d’évaluation s’avère essentielle en vue de compléter une démarche de changement de comportement, les moyens pour évaluer ces changements restent très peu présents dans la littérature (Gaulin, 2009; Steg et Vlek, 2008; McKenzie-Mohr, 2000). Est-ce un signe de la difficulté sous-jacente ?
Les professionnels de l’ENEDD s’accordent sur le fait qu’une action de sensibilisation va avoir un impact lorsque celle-ci a été conçue dans l’objectif de faire acquérir et développer des savoirs, des savoir-faire, savoir-être chez les personnes sensibilisées. Il est donc possible d’évaluer l’action en termes d’efficience et d’efficacité en comparant les résultats attendus à ceux obtenus. Mais par quels moyens et quand ?
Même si certains indicateurs d’évaluation semblent exister, ceux-ci se doivent de pouvoir traduire l’évolution complète du changement, c’est-à-dire d’illustrer tout le processus de changement depuis l’adoption initiale du comportement jusqu’à son maintien dans le temps (Champagne St-Arnaud, 2009). Quels sont ces indicateurs et comment sont-ils mesurés ?
Un apport de connaissances sur les enjeux de conservation associés à la biodiversité effectué par les professionnels de l’ENEDD ne semble pas garantir l’engagement des individus sensibilisés. L’engagement est-il représentatif d’un changement de comportement et gage de réussite dans une démarche de transition ?
Comment évaluer ces changements ? Sur quels critères ? Avec quels outils ? Sur quel pas de temps ? Comment s’assurer que l’action d’ENEDD soit la seule « responsable » du changement opéré ? Est-on réellement en capacité de s’évaluer nous-mêmes ? Quand bien même cette évaluation serait possible, les professionnels de l’ENEDD ont-ils le temps et les compétences pour la mettre en œuvre et analyser les résultats qui en ressortent ? Finalement, est-il réellement possible d’évaluer l’impact des actions de sensibilisation réalisées par les professionnels de l’ENEDD ?
C’est pour tenter de répondre à ces interrogations que cette proposition de stage a vu le jour. Quelles que soit les réponses obtenues à l’issue de ce stage, elles permettront d’accompagner les structures du réseau LorEEN, voire même à une échelle bien plus large, dans leurs réflexions et leurs futures actions.
** Missions
– Etat de l’art sur les méthodes et outils d’évaluation existants, les résultats obtenus suivant leur utilisation, leurs avantages et inconvénients.
– Prise de contact avec les autres réseaux d’EEDD en France pour connaître les outils et méthodes utilisés ou déjà mis en place. Synthèse et bilan en fonction de leurs réponses.
– Développement et diffusion d’un formulaire destiné au grand public pour mesurer la potentielle trace dans les souvenirs d’une action de sensibilisation. Analyses des réponses obtenues, synthèse et bilan.
=> Suivant les résultats obtenus après un état de l’art approfondi sur le sujet, une recherche auprès des autres têtes de réseaux et la mise en place du formulaire, nous attendons :
oUne proposition d’une méthode ou d’un outil optimisé pour évaluer les changements de comportements suite à des actions de sensibilisation
OU
oLa rédaction d’une « tribune » (argumentaire bien fourni en bibliographie) mettant en avant les difficultés, voire l’impossibilité, de mesurer de tels changements, tout en rebondissant sur ce qui a déjà été fait, mis en place au sein d’autres réseaux ainsi que sur les résultats obtenus suite à la diffusion du formulaire « trace ».
Les résultats issus de ce stage pourront être valorisés à différentes échelles (auprès du réseau LorEEN, des têtes de réseaux en EEDD en France, des partenaires financiers, etc.) et faire l’objet d’une publication scientifique par la suite, suivant la motivation du candidat retenu.