[Retour sur] Séminaire #5 "Eduquer au dehors"
C’est sous un nouveau format que la cinquième édition du séminaire « Eduquer au dehors », organisée par l’association LorEEN, s’est tenue le 7 octobre 2026, au Centre socio-culturel de Novéant-sur-Moselle. La nouveauté résidait dans le choix de rassembler enseignants et éducateurs à l’environnement pour une journée commune, afin de favoriser les rencontres et partager discussions, pratiques, expériences et ateliers.
Après un mot d’introduction assuré par Christine L’HEUREUX, Présidente de LorEEN, le programme a été rappelé à l’assemblée composée de 89 personnes, et la matinée a débuté par un temps de présentation de différents dispositifs permettant de faire école dehors.
Julien DUCHEINE, directeur de LorEEN, a ouvert le bal en présentant l’association puis les dispositifs que LorEEN porte (TVB par exemple) ou dans lesquels elle est associée pour une mise en place sur le territoire lorrain (ATE, lycées en transition, etc.). Pratiquer l’école du dehors passe souvent par un appui pédagogique, technique et scientifique qui peut être pleinement apporté par les structures d’EEDD du réseau. Ces associations, majoritairement agréées par l’Education Nationale, accompagnent en effet plus de 3 900 enseignants par an sur l’Académie, ce qui représente plus de 103 000 élèves sensibilisés. Avec la conviction que le contact avec la nature est le meilleur moyen pour faire découvrir l’environnement aux élèves, les structures du réseau LorEEN retrouvent le cœur de leur métier au sein de cette nouvelle pratique pédagogique qui se démocratise au sein de écoles.
Retrouver la carte des membres du réseau LorEEN

Ronan JONCOUR, adjoint à la Responsable de Pôle et chargé de mission Education au territoire au Parc naturel régional de Lorraine, a ensuite présenté les différents projets « Connais ton parc » portés par sa structure, permettant aux élèves de pratiquer l’école du dehors. Plusieurs formats existent, adaptés au cycle 1 jusqu’au lycée (La biodiversité autour de mon école, Pas de printemps sans hirondelles, Aires Educatives, etc.).

Julien EIDENSCHENCK, correspondant Aires Educatives Grand Est pour l’Office Français de la Biodiversité, a présenté les Aires Educatives, leur fonctionnement, le calendrier, les modalités financières pour bénéficier de la subvention OFB, etc.

Enfin, Laurine GEAI, chargée de mission pour l’association Teragir, a décrit plusieurs actions « Education & jeunesse » permettant de faire entrer l’EDD au sein des programmes pédagogiques (Eco-école, Jeunes reporters pour l’Environnement, Journée internationale de forêts).

Munis de leur programme personnalisé, les participants ont ensuite pu se diriger vers leur 1er atelier, avant la pause du déjeuner assurée par le traiteur Sundej. L’après-midi s’est poursuivi avec la tenue de deux ateliers supplémentaires par participant.

Cette année, quatre ateliers ont été proposés :
L’Atelier 1 « 2 en 1 », permettant de faire un focus sur les Aires Terrestres Educatives :
- Eric BOYER (CPN Coquelicots) et Myriam DE BIASE (Ecole primaire La Canopée de Guénange) « Animer dans la nature sans connaissance ni matériel spécifique».
Pour commencer, Myriam et Eric ont proposé aux participants de combiner des étiquettes indiquant des exemples d’approches (artistique, symbolique, imaginaire, sensible, sportive, systémique, etc.) avec des photos de séances effectuées dehors dans le cadre du dispositif des Aires Educatives. Après avoir formé une paire « photo – approche », chacun a exposé et justifié son choix, permettant d’ouvrir les débats. Ensuite, le binôme a mis en avant le fait que des séances réalisées ne nécessitaient pas toujours de disposer de matériel spécifique puisque le choix de l’approche pédagogique pouvait être une solution, en elle-même, pour trouver une idée d’animation. En effet, cette dernière, associée à un temps d’observation des lieux, permet d’ouvrir les portes au reste de la séance réalisée en extérieur avec les élèves.

- Henri PHILOUZE (Meuse Nature Environnement) et Fabienne GODEY (Collège Robert Aubry de Ligny-en-Barrois) « 7 ans d’ATE : de l’idée au projet durable, retour d’expérience et outils pour se lancer».
Ce binôme, constitué de Fabienne et Henri, est revenu sur le fonctionnement technico-pratique d’une ATE (mise en place du conseil des élèves, choix et état des lieux du site, définition des actions à mettre en place, etc.). Leur expérience certaine grâce à 7 années de projet leur a permis de présenter bon nombre d’actions entreprises avec et par les élèves. La première année a servi à préparer et faire l’état des lieux (utilisation de protocoles scientifiques tels que ceux développés par Vigie-Nature qui nécessitent peu de matériel par exemple). C’est à partir de la deuxième année que les actions ont commencé à voir le jour. Le binôme rappelle de ne pas négliger le rôle de la transmission entre les élèves d’une année à l’autre pour assurer la continuité et la pérennité du projet. Au niveau des actions, les élèves ont choisi de faire des aménagements permettant de préserver la biodiversité (création et installation de nichoirs par exemple) et de la faire connaître (création de panneaux de présentation avec illustrations de macro-photo grâce à l’intervention d’une photographe). Le site de l’ATE sert également de support pour d’autres professeurs et ce projet a été présenté par les élèves lors de leur oral du brevet. Le binôme a ensuite évoqué l’implication de la commune, qui permet de présenter l’ATE au grand public et de toucher un nombre de personnes plus conséquent. Henri a terminé en présentant le sac à dos idéal de l’animateur, pour s’adapter à bon nombre de situations ! Ce dernier contenait : bocaux de prélèvement, épuisettes, flore rangée par couleurs, clés de détermination simplifiées, etc. Il précise que les financements OFB dans le cadre des ATE permet de se munir de matériel comme de petites jumelles ou épuisettes pour apprendre aux élèves à utiliser du matériel scientifique.
Retrouver la présentation de l’ATE du Collège Robert Aubry

Atelier 2 : Gilles EVRARD (La Grange aux Paysages) « Utilisation d’outils dans le but d’une réalisation (cabane, marionnette, etc..) »
Sur le chemin pour se rendre au spot de Gilles, les participants étaient invités à ramasser une branche. Après une présentation du « Permis couteau » et des règles de sécurité indispensables pour utiliser un couteau ou tout autre outil tranchant, l’atelier de taillage de bois a pu commencer. Dans un calme absolu, assis en tailleur, avec une distance de sécurité entre eux, et munis d’un couteau bien affûté de type Opinel, les participants ont alors donné une forme à leur bâton. Une fois cette initiation faite, Gilles a présenté quelques-unes de ses marionnettes, créées avec très peu de matériel (éléments trouvés sur place et de récupération), et qui peuvent être utilisées, en plus du volet ludique qu’elles représentent, comme de réels outils de médiation au sein d’un groupe ou d’une classe. Scies, râpes, couteaux ont été mis à disposition pour que les participants, répartis en petits groupes, puissent réaliser une création commune : marionnettes, méga-nids, cabanes, etc. De nombreuses œuvres ont alors vu le jour ! Ce type d’activité permet donc, dans le cadre de l’école du dehors comme de loisir, d’utiliser ses mains pour fabriquer, créer avec ce qu’il y a sur place, donner vie à quelque chose, en prenant son temps pour laisser la place à l’imagination et à la créativité de s’exprimer.

Atelier 3 : Alexis REUTENAUER (La Grange aux Paysages et Enseignant) « Partage d’expérience en tant qu’enseignant réalisant le projet d’école du dehors avec une classe de cycle 3 »
Alexis a commencé son atelier par l’historique de l’émergence de l’école du dehors. Bien qu’existant depuis de nombreuses années, cette pratique a réellement été adoptée au sein des établissements scolaires suite à la crise sanitaire. En effet, la volonté de restaurer un lien avec la nature s’est faite ressentir dans la population, sans épargner les enseignants. En partageant son expérience acquise avec ses propres élèves, photos à l’appui, Alexis a montré que le dehors pouvait devenir un support pour toutes les matières. En effet, les séances qu’il pratique visent des compétences socle et répondent aux objectifs du programme scolaire, toutes matières confondues ! Il n’est plus à prouver que l’école du dehors permet de donner du sens aux apprentissages, tout en rendant les élèves plus autonomes.

Atelier 4 : Juliette GOUSTIAUX (Maison de la Nature Bruche Piémont) « Carnet de nature : dessiner et peindre avec des plantes »
En partant d’une histoire racontée par Juliette, les participants, munis d’une feuille de dessin, ont laissé libre court à leur imagination en dessinant ce à quoi les propos leur faisaient penser. Une mise en situation comme il serait possible de faire avec des élèves, assis au sol, où leur mission serait de dessiner les premiers traits d’un paysage, d’une fleur, d’un animal à partir d’un récit. Place ensuite à la couleur obtenue à partir de plantes ou d’épices. Comme des apprentis sorciers, les participants ont testé les différents pigments et fait quelques mélanges parfois surprenants en ajoutant du fer pour noircir la couleur, du curcuma pour la révéler ou encore du savon noir pour la fixer. Pour le papier, il est nécessaire de choisir un grain épais et absorbant, avec la possibilité de faire ses propres feuilles à dessin en papier mâché, pour une création 100% fait main. Enfin, outil indispensable pour peindre… les pinceaux ! Et tout peut servir : des plumes, des fleurs, des morceaux de plantes ou encore des feuilles d’arbres ! Finalement, avec un cet atelier créatif, au contact de la nature, les possibilités sont infinies !
Retrouver le tuto du carnet d’aventure

Cette année encore le séminaire a affiché complet ! L’équipe de LorEEN remercie l’ensemble des participants, à savoir les éducateurs à l’environnement désireux de découvrir de nouvelles pratiques, les enseignants fidèles qui reviennent chaque année pour partager leurs retours d’expériences ainsi que les nouveaux qui souhaitent découvrir l’école du dehors pour oser se lancer ensuite ! Merci également aux intervenants de la journée, que ce soit pour présenter les dispositifs permettant de dispenser des enseignements autrement, en replaçant la nature au cœur du programme scolaire, comme pour avoir fait vivre des ateliers pratiques, concrets et enrichissants sur le terrain. Enfin, merci aux partenaires financiers, la Région Grand Est, la DREAL Grand Est, l’Office Français pour la Biodiversité et la SDJES de Meurthe-et-Moselle, sans qui ce séminaire, entièrement gratuit pour les participants, ne pourrait être maintenu, sans oublier les partenaires techniques : l’Education Nationale et la commune de Novéant-sur-Moselle.











